Chargement...

🌿

Le CBD Ambulant

Ce site propose des produits techniques à base de chanvre.

Vous devez avoir 18 ans ou plus pour y accéder.

Quitter

CBD et mode : comment le chanvre s'est invité dans nos dressings

CBD et mode : comment le chanvre s'est invité dans nos dressings

Il y a une dizaine d'années, quand j'ai commencé à m'intéresser au CBD, la seule chose qui me venait en tête était une huile dans un flacon compte-gouttes. Le chanvre textile, lui, avait disparu de nos vêtements depuis des lustres. Aujourd'hui, en parcourant les rayons d'un site comme lilas-fashion.com, je tombe sur des t-shirts, des sacs, des vestes en chanvre, et je me dis que la boucle est bouclée. La plante qui a fait la fortune des marins du XVIIIᵉ siècle revient par la porte de la mode.

Ce n'est pas un hasard. Le chanvre pousse vite, boit peu, et sa fibre résiste mieux que le coton à l'usure du temps.

Une fibre que l'industrie textile avait oubliée

Jusqu'au XIXᵉ siècle, la toile de chanvre servait à tout : voiles, cordages, sacs de farine, draps. On en cultivait des dizaines de milliers d'hectares en France. Puis le coton américain, moins cher à produire en masse, a tout balayé. La plante est devenue suspecte dans les années 1930, quand la confusion avec le cannabis récréatif a conduit à l'interdire dans de nombreux pays. Résultat : deux générations ont grandi sans savoir que leurs arrière-grands-parents portaient du chanvre tous les jours.

La mode revient dessus, mais avec un argument nouveau. Un hectare de chanvre produit environ deux à trois fois plus de fibre qu'un hectare de coton, avec moitié moins d'eau. Je ne dis pas que c'est la solution miracle. Les rendements varient, la filature reste chère, et beaucoup de marques gonflent un peu le trait pour vendre. N'empêche : sur le terrain, la différence est réelle.

Pourquoi les créateurs s'y mettent vraiment

Le drap de chanvre a une main particulière. Il est rêche au départ, puis il s'assouplit au fil des lavages, un peu comme le lin. Il tient chaud sans étouffer. Il vieillit bien, aussi, et c'est un critère qui compte de plus en plus chez les clients de sites comme lilas-fashion, où l'on cherche des pièces qu'on garde plutôt que des vêtements qu'on jette.

Il faut dire ce qui est : le chanvre coûte plus cher que le polyester. Une chemise en chanvre se paie entre 60 et 120 euros selon la marque. C'est un investissement, pas un achat impulsif.

Autre chose, et je le vois dans les retours clients de ma propre boutique : les gens qui achètent du chanvre pour le textile sont souvent les mêmes qui s'intéressent au CBD pour le bien-être. Même plante, même curiosité, deux usages radicalement différents. Le lien n'est pas marketing, il est culturel. Une personne qui a compris que le chanvre ne se réduit pas à un joint est déjà à moitié convaincue par le reste.

Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter

Toutes les pièces étiquetées « chanvre » ne contiennent pas la même proportion de fibre. Certaines marques annoncent 55 % chanvre pour 45 % coton, d'autres montent à 90 %. Regardez l'étiquette de composition avant de sortir la carte bleue. Les certifications type GOTS ou OEKO-TEX restent un bon repère pour la partie filature et teinture.

  • Privilégier les pièces mixtes chanvre-lin ou chanvre-coton au début : plus souples, moins rèches.
  • Laver à 30 degrés, sans adoucissant, pour ne pas encrasser la fibre.
  • Se méfier des prix trop bas : le chanvre textile à 15 euros la pièce, ça sent le mélange à 10 %.
  • Vérifier l'origine de la culture quand c'est indiqué, la traçabilité progresse en Europe.

Personnellement, j'ai acheté un tote bag en chanvre il y a deux ans, je l'utilise quotidiennement, et il n'a pas bougé. C'est anecdotique, mais ça m'a convaincu plus qu'un argumentaire de marque.

Un marché encore jeune, et c'est tant mieux

Le textile chanvre en France représente aujourd'hui une poignée d'ateliers et quelques marques indépendantes, rien à voir avec l'échelle du lin. La filière se structure lentement. C'est peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver : les acteurs qui s'y lancent le font par conviction, pas par opportunisme. Quand une matière première reste rare, elle échappe aux grosses chaînes de fast fashion, au moins un temps.

Le CBD a connu un engouement similaire il y a quelques années : d'abord des petits producteurs, puis l'arrivée des industriels. Le textile chanvre suivra probablement la même courbe. D'ici là, il reste un terrain où l'on peut encore choisir ses pièces en connaissance de cause, sans se faire balader par un packaging vert pomme.

À lire également